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Coeur d'acier (Les Habits Noirs, tome 2) - Paul Féval

Paul Féval - Coeur d'acier (Les Habits Noirs, tome 2) (1866)
(500 pages, 7e titre pour le challenge XIXe siècle 2018)

En ce jour de Mardi Gras 1832, tout Paris a pris des airs de Moyen-Âge. Au théâtre, triomphe la Tour de Nesle de Dumas et tous les costumes du jour suivent la mode lancée par le grand Alexandre : on ne compte plus les Buridan, les Philippe d'Aulnay, les Marguerite de Bourgogne... et de tous les Buridan, le plus charmant est sans doute le jeune Roland, d'une grâce de femme avec ses longs cheveux bouclés, ses grands yeux pleins de flamme. De toutes les Marguerite, la plus belle est sans conteste Marguerite Sadoulas, qui n'aurait besoin d'aucun costume, d'aucune parure pour resplendir. Roland, évidemment, aime Marguerite - avec toute la candeur et l'élan de ses vingt ans. Marguerite... n'aime personne, elle le dit elle-même avec toute l'honnêteté dont elle est capable. C'est que Marguerite est loin, bien loin d'être aussi innocente que l'imagine son jeune amoureux. Elle est ambitieuse surtout, prête à tout pour assurer ses intérêts. Y compris à piétiner les premiers élans timides de son propre coeur. Dommage... il était bien beau, ce cher Roland, mais aussi, sa mère était bien imprudente de lui confier, en ce jour de fête, la petite fortune censée acheter à un notaire vénal la preuve d'une naissance illustre. Tant pis pour lui, comme pour tous ceux qui se trouveront en travers de son chemin !

Pas de doute : il est largement supérieur au précédent, ce second tome des Habits Noirs ! Un peu plus condensé au niveau de l'intrigue, plus intrigant et moins attendu malgré des ingrédients toujours très classiques. Et surtout, tissé autour de personnages plus accrocheurs, plus intéressants. Le premier de tous est sans conteste Marguerite, femme fatale, manipulatrice redoutable et sans scrupules mais non sans nuances. Sans coeur ? Peut-être un peu moins qu'elle le voudrait elle-même, mais d'une volonté implacable, y compris face à ses propres sentiments. Poussée au mal, surtout, par un mélange d'orgueil démesuré et de fatalité qui en fait un vrai grand personnage tragique. Un personnage qui a des choses à dire, qui s'explique et se justifie, qui a défaut d'emporter l'adhésion morale suscite indéniablement l'admiration. Cerise sur le gâteau ? L'adversaire le plus redoutable de cette redoutable conspiratrice sera aussi une femme - une jeune fille très comme il faut, pure, généreuse et dévouée, dont bien d'autres auteurs du temps auraient pu faire une parfaite oie blanche mais à qui Féval donne l'intelligence, l'intuition et la volonté qui trop souvent font défaut aux personnages masculins de l'histoire.
A côté de cela, une jeune princesse sympathique, un jeune premier pour faire joli, plusieurs clins d'oeil bienvenus au premier tome, et encore toute une galerie de personnage secondaires truculents, parmi lesquels on retrouve avec grand plaisir les inénarrables Echalot et Similor.
De quoi passer encore quelques heures de lecture fort plaisantes !
Tags: bouquins, challenge 19e siècle : critiques
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