January 22nd, 2018

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Andalousie - 1e journée de route - Nerja et les Acantilados de Maro

Mardi 17 octobre, commence la partie itinérante du voyage. Nous faisons nos adieux à notre hôtesse malaguène, Elena, et à son chat-relou (je n'ai pas retenu son nom, il ne le méritait pas), descendons au bas de l'immeuble pour expérimenter les pitufos du petit-déjeuner (outre le nom espagnol des schtroumpfs, le pitufo est un petit pain blanc, rien d'exceptionnel si ce n'est de pouvoir dire qu'on bouffe du schtroumpf en tartine, si vous ne trouvez pas ça amusant, je ne peux rien pour vous), puis nous voici à la gare pour récupérer la voiture de location. J'en avais réservé une petite premier prix, comme à Malte, nous nous en faisons refiler une grosse bien plus chère sous le prétexte que les bagages ne rentreront pas dans le coffre et qu'il est interdit d'en laisser sur la banquette arrière... Points positifs : on pourrait prendre en stop une équipe de rugby si on en croisait une (ce qui ne sera pas le cas) et la conduite est considérablement plus agréable. Point négatif : on se prépare quelques bonnes tranches de rigolade dans les parkings, conçus pour manoeuvrer rien de plus gros qu'une Smart (voire un vélo).

Mais pour l'heure - onze du matin, grosso modo - nous quittons Malaga par le bord de mer en direction de l'est. Passés les faubourgs de la ville, le bord de mer à l'est de Malaga... est assez moche, il faut bien l'avouer. Une côte montagneuse, assez âpre, et totalement défigurée par une succession de villes balnéaires plus ou moins miteuses qui ne donnent guère envie de s'attarder. Le ciel gris n'arrange rien à l'affaire.
Et puis, au bout d'une cinquantaine de kilomètres, à l'orée d'une zone beaucoup moins bétonnée, s'offre comme une bouffée d'oxygène la petite cité de Nerja. Pleine de charme pour le coup, avec ses maisons blanches anciennes, ses ruelles animées, ses petites criques aux eaux claires et ses falaises débordant de fleurs en cascade.



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Bien malin qui connait son père... - Angela Carter

Angela Carter - Bien malin qui connait son père... (Wise Children) (1991 / Christian Bourgois, 1997)
(347 pages, soit 75 km de plus pour le challenge Tour du Monde. Total : 14 600 km et 59  892 pages pour 163 livres)

Mesdames et messieurs, devant vos yeux ébahis voici dans leur dernier rôle les pétulantes, étincelantes soeurs Chance ! Autrefois starlettes du music-hall, danseuses, actrices un peu parfois, aujourd'hui vieilles dames pas trop dignes et se souciant fort peu de l'être, sur le point d'entrer en scène pour un dernier coup de théâtre. C'est qu'à soixantes-dix ans passés, elles ont encore de fort jolies jambes, le verbe haut, les manières colorées, il serait bien naïf de les imaginer rentrer sagement dans le décor !
Pour l'heure, Dora écrit. Toute une vie jouée à deux, en parfaites jumelles, des banlieues pauvres de Londres aux fastes échevelés d'Hollywood, le travail de forçat, le sourire à paillettes, les premiers amours, les folies, les désillusions, les amants... et la famille surtout. Cette famille extraordinaire dont elles ne sont que la branche illégitime, qui ancre pourtant leur histoire bien avant leur naissance, dans le monde des planches et de Shakespeare, à cheval sur deux continents. Une famille où l'on pond des jumeaux comme par tradition, où l'aventure et la démesure sont reines et où les paternités... sont rarement celles que l'on croit !

Quel plaisir que ce roman délicieusement impertinent, fantaisiste et sensuel, plein d'ombres dans les coins derrière son parti-pris de verdeur et de résolue légéreté. C'est qu'elle n'a pas été rose tous les jours, la vie de Dora et Nora Chance, leur métier n'est pas de ceux qu'on peut appeler facile, il y a eu la pauvreté, les rêves enfuis, les amours ratés, la guerre, les morts, le déclin de leur monde. Et par dessus tout, ou plutôt en ombre omniprésente, ce mal du père absent, du père indifférent, qui a si facilement règlé leur sort en les donnant à son frère. Mais il y a eu aussi beaucoup d'amour, de rires et de complicité. Et les deux frangines ne sont pas du genre à pleurer sur leur sort, loin de là. C'est bien ce qui les rend à la fois si attachantes et savoureuses : ce refus de s'apitoyer, cette volonté de croquer la vie à pleines dents tant qu'il en reste encore... jusqu'au jour des cent ans de papa !