June 18th, 2013

siouxsie

La Route

La Route - Cormac McCarthy (2006 / Editions de l'Olivier, 2008)


la routeDans un monde en gris et noir, un monde détruit par le feu et rongé par la cendre, où ne subsistent que quelques humains retournés à l'état qu'on dit sauvage, un homme et son fils ont pris la route. Fuyant vers le sud un hiver de plus en plus implacable.
Plus rien à manger que les restes d'un autre temps - ou les derniers survivants qui se traquent et se fuient. L'homme et l'enfant, eux, se contentent de piller les réserves des morts, et cherchent les autres gentils, ceux avec qui quelque chose, peut-être, serait possible.
Une quête un peu vaine, un moyen de préserver en soi une forme d'humanité et de ne pas céder au désespoir.

La Route est de ces romans qui contiennent beaucoup de choses sans en dire beaucoup. Une aventure apocalyptique et initiatique à travers laquelle s'esquisse une métaphore de la condition humaine. Une réflexion sur les notions de survie et d'humanité, sur la transmission de valeurs dépassées par un monde devenu radicalement hostile. Un beau portrait de relation père-fils.
Le style est épuré à l'extrême, avec des dialogues d'une absolue simplicité, beaucoup de phrases nominales, Le style est d'ailleurs ce qui m'a empêchée de totalement entrer dans l'histoire. Autant j'aime beaucoup ces dialogues, puissants dans leur retenue, autant l'excès de phrases nominales et les énumérations obsessionnelles, dénuées de virgules et alourdies de kyrielles de "et", sont à mon goût assez indigestes. Peut-être cela passe-t-il mieux en anglais, mais il est aussi certain que je savoure bien mieux une langue plus classique et plus fluide.

Malgré cela, malgré le côté très américain de cette volonté des personnages de rester des "gentils", un poil trop manichéen dans la réflexion sur le bien et le mal, cela reste une lecture très forte, d'une noirceur fascinante.
Pas un coup de cœur, mais je comprends assez bien son impact.