June 10th, 2013

siouxsie

Vanity Game

Au dernier Masse Critique de Babelio :

Vanity Game - H.J. Hampson (2012 / Liana Levi, 2013)


Star adulée du football, beau gosse et richissime, maqué à une bombasse peroxydée avec qui il forme le couple glamour du moment, Beaumont Alexander a tout pour lui. Tout sauf un cerveau, mais comme un américain l'a dit bien avant moi, nobody's perfect. Malheureusement, si on n'apprend guère à développer ce genre d'organe en tapant dans une balle, il serait bien utile pour faire face au tourbillon d'alcool, de coke et de filles trop faciles, de plans louches et de paparazzi à gogo, dans lequel son existence s'enlise.
Un jour de profond ras le bol, plus ou moins par accident, Beaumont tue sa petite amie – et se retrouve dans une merde noire. Une merde qui ne va cesser de s'épaissir à mesure que des forces adverses inattendues se déchaînent.

A mi-chemin entre thriller et satire sociale, résolument déjanté, Vanity Game repose sur une idée de fond bien trouvée, qui souligne de manière amusante les absurdités du star-system et possède un sacré bon potentiel côté scénaristique. De fait, le scénario est plutôt bien tourné et tient son lecteur en haleine jusqu'au bout, à grand renfort de rebondissements, de suspense et de situations improbables.
Côté personnages, en revanche, on ne dépasse guère le stade du cliché. En un sens, cela colle pile poil au propos, qui dégomme justement un univers fait de clichés, dans lequel les individus finissent par se perdre dans les images factices d'eux-mêmes construites et projetées par les médias. Mais l'individu Beaumont Alexander qui se débat là au milieu reste un peu trop modelé de psychologie facile, et j'ai regretté qu'il n'ait pas été construit avec plus de subtilité.
Surtout que les clichés et la bêtise du personnage, en tant que ressorts comiques, fonctionnent à mon goût assez mal. Autant l'histoire en elle-même est amusante, autant le ton adopté – celui de Beaumont himself, qui raconte ses mésaventures sans beaucoup de style ni d'esprit – ne m'a pas particulièrement fait rire. Peut-être le ton a-t-il perdu à la traduction, mais même traduit, l'humour (noir) anglais est capable de bien mieux que ça ! Grand gamin égocentrique et trop gâté, plus crétin que vraiment mauvais garçon, Beaumont est un personnage à mes yeux plus consternant que drôle, et j'ai finalement regretté de ne pas pouvoir compatir un peu plus à ses malheurs.

Malgré ses défauts, Vanity Game reste un livre sympathique et divertissant, qui fait passer un bon moment et a le mérite de se conclure sur une fin plutôt bien ficelée. Et puis, l'humour étant chose fort subjective, il parlera peut-être mieux à d'autres que moi !