April 29th, 2013

siouxsie

Enfin la nuit

Enfin la nuit - Camille Leboulanger (l'Atalante, 2011)


Un soir de janvier, le ciel s'est allumé. Plus de nuit, plus de jour, juste une vaste lumière orange, brûlante, sans fin, qui brouille tous les repères et pourrait bien rendre fou.
Rien de plus terrible, et pourtant c'est la société entière qui s'effondre d'un coup, comme si le seul changement du ciel avait suffi à anéantir tous ses fondements, à briser tous les tabous, à libérer toutes les pulsions. Certains choisissent de partir, beaucoup préfèrent la mort, et le monde se vide.
Un homme suit une femme inconnue. Un autre prend la route. Vers où ? Il n'en sait rien, et cela importe bien peu. Sous ce ciel orange, rien ne semble plus avoir vraiment d'importance.

Enfin la nuit est un texte d'une absolue étrangeté, un roman post-apocalyptique qui lorgne du côté du fantastique et de Mc Carthy sans s'inscrire dans aucun genre bien défini. On est bien loin des ambiances post-apo à l'américaine.
Ici, rien ne s'explique, personne ne comprend rien ni ne cherche vraiment à comprendre. La violence y est omniprésente, mais comme un thème psychologique bien plus que comme un moteur d'action. La survie n'est en pas une chose organisée, collective - plutôt une histoire de hasard et d'errance personnelle.
Le rythme est lent, tissé d'événements absurdes et de petits riens, qui dans ce contexte prennent un poids tout particulier. Porté par un style sobre et précis, très évocateur, le lecteur est là comme dans un film ou dans un rêve. Comme dans ces films qui ressemblent à des rêves.
C'est absolument fascinant.

Je verrais bien David Lynch mettre cette histoire en images...