April 15th, 2013

siouxsie

Warm Bodies & Sexy Zombie

Dans la vie, certaines choses ne sont pas faciles à assumer. Par exemple, aller voir un film d'ado dont l'affiche proclame haut et fort "L'Amour rend vivant".
Évidemment, j'aurais pu faire semblant de rien, passer ce fait sous silence, sauver ma réputation. Il n'est pas encore tout à fait trop tard, d'ailleurs : je pourrais vous dire que ce film est une grosse bouse niaiseuse, qu'est-ce qui m'a pris d'aller voir ça, franchement on ne m'y reprendra plus, hahaha.
Mais non. Je ne cesse de le proclamer : dans la vie, faut assumer, alors assumons. Je l'ai vu, et j'ai plutôt bien aimé.

Mais de quoi ça cause, ce truc ? (pour ceux qui n'ont pas vu passer le film)

Warm Bodies (adapté du roman Vivants (Warm Bodies) d'Isaac Marion) est, disons, une sorte de détournement mi parodique, mi romantique de Roméo et Juliette, version zombies.

 

Une sorte d'épidémie (quoi exactement, on s'en bat les profiteroles) a transformé la majeure partie de la population en morts-vivants, et la partie restante se terre dans une forteresse urbaine protégée d'un grand mur. Au cours d'une attaque contre un groupe de jeunes vivants partis se ravitailler, un non moins jeune et fort charmant zombie - que l'on appellera R car il est incapable de se rappeler son nom entier - tombe amoureux de la jolie Julie, fille du commandant en chef des rescapés, et lui sauve la vie. Au terme de quelques mésaventures, R finit par se rendre compte qu'il est en train de changer : la pensée plus cohérente, le teint moins verdâtre, l'haleine moins faisandée... eh oui, l'amour rend vivant, même les morts. Ne serait-ce pas le remède tant convoité à cette fameuse épidémie ?
Sans doute, mais tout le monde n'est pas prêt à l'entendre, à commencer par le père de Julie - qui depuis la mort de sa femme ne songe qu'à casser du zombie - et les Osseux, ces créatures plus mortes que mort-vivantes, qui ont perdu toute trace d'humanité et ne songent qu'à bouffer du vivant.

Évidemment, ce n'est pas le film du siècle. Le scénario est bourré de faiblesses et d'invraisemblances, le propos de fond est un poil simplet, certaines scènes donnent trop dans le cliché... mais Nicholas Hoult est sexy, le film ne se prend guère au sérieux et une bonne dose de dérision vient rendre l'affaire franchement sympathique. Ce n'est pas la grosse marrade pour autant, loin de là : l'humour est plus subtil que ça, il repose surtout sur le cliché assumé-décalé, la distance ironique du personnage principal vis-à-vis de lui-même et l'absurdité sous-entendue de certains éléments. A commencer par cette voix off du zombie, censé avoir le cerveau en fromage blanc (au début du moins), mais qui commente ses mésaventures avec un esprit indéniable.
Et puis il y a quelques idées pas inintéressantes dans le tas : la distinction entre deux types de zombies selon le degré de renoncement qu'ils ont atteint, ou encore le fait que R tombe amoureux de sa Julie en dégustant le cerveau de son petit-ami, et donc en s'appropriant les souvenirs et émotions de celui-ci.
C'est dommage que les choses n'aient pas été poussées plus loin - dans l'exploitation de ces idées, dans le décalage et le second degré. On a au final l'impression d'un bon potentiel un peu gâché par la volonté de rester grand public, par un certain manque d'audace. Voire, l'impression que le réalisateur a voulu toucher deux types de publics à la fois : un public romantique, qui verrait le film au premier degré, et un public peut-être plus âgé, plus distancié, venu là avant tout pour rire et plus à même de saisir le second degré impliqué par certaines scènes ou situations. Le résultat a quelque chose d'un brin bancal, mais, ma foi, se savoure quand même assez bien tel quel.

Je reste assez curieuse de voir ce que donne le bouquin, mais Stephenie Meyer en a dit du bien, ce qui est un peu effrayant, et je suis sûre que sans Nicholas Hoult, toute cette histoire risque de perdre une bonne partie de son charme. Bah oui, hein.


Et sinon, j'aime assez la manière dont la Metropolitan Film Export a géré en France, en accord étroit avec l'actualité, sa pub pour le film :)