April 6th, 2013

siouxsie

Sans Âme

Sans Âme (Le Protectorat de l'ombrelle, 1) - Gail Carriger (2008 / Orbit, 2011)


Lorsqu'au cours d'une soirée mondaine, Miss Alexia Tarabotti se réfugia dans la bibliothèque, elle ne s'attendait pas à se faire attaquer par un vampire. Lorsque ledit vampire tenta de mordre la demoiselle, il s'attendait encore moins à se retrouver sans crocs.Situation pour le moins étrange, car dans la bonne société victorienne, les vampires dignes de ce nom n'attaquent pas les gens et connaissent l'existence - rarissime - des sans âme, ces créatures paranaturelles dont le seul contact coupe les pouvoirs des surnaturels.
De fil en aiguille, Alexia va se trouver embarquée dans une bien trouble enquête, en association plus ou moins involontaire avec Lord Maccon, directeur du bureau des créatures surnaturelles, mâle Alpha des loups-garous londoniens, écossais, exaspérant et diablement sexy.

Gail Carriger tisse ses fils quelque part entre Helen Fielding (en plus rétro), Jane Austen (en plus rock n'roll) et Kim Newman (en plus romantique). Ca tient plus de la chick-bit-litt de la grande littérature, mais bon dieu qu'est-ce que c'est bon !
L'univers est fondé sur quelques idées intéressantes, juste assez développées dans ce premier tome pour donner envie d'en savoir plus, et le récit est bien mené, du genre à vous accrocher à la première ligne pour ne vous lâcher qu'à la dernière. Les personnages sont à la limite de la caricature, mais avec ce petit quelque chose en plus qui les rend à la fois très vrais et très attachants. A commencer par Alexia, vieille fille indépendante et volontaire mais beaucoup plus séduisante qu'elle ne le croit, dont le sens des convenances ne semble pas réaliser à quel point elle est elle-même inconvenante, et la rend par là même particulièrement juste.
Surtout, l'auteur possède une plume délicieuse, pleine d'ironie, qui entremêle parfaite indécence et pudibonderie victorienne bon ton avec un excellent sens de la formule, jusqu'à rendre assez hilarante une histoire romantique au fond assez classique. De ces plumes qui peuvent permettre toutes les audaces ou même toutes les banalités au scénario, tant elles savent épicer ce qu'elles racontent.
Le résultat est assez addictif, et j'avoue avoir bien du mal à me concentrer sur un autre bouquin avant de pouvoir passer à la suite !

Seul bémol sur l'édition française : une traduction souvent maladroite, qui ne gâche pas l'essentiel mais échoue totalement sur certaines phrases jusqu'à les rendre à peu près incompréhensibles. Mais cela doit très bien se lire en anglais...