February 25th, 2013

siouxsie

Défi lecture n°1 : Betty

Proposé par Caro, le 22 février.

Betty - Arnaldur Indridason (Métailié noir, 2011)

Entre deux interrogatoires, entre deux rondes des gardiens de la prison, le narrateur ressasse, reconstruit le scénario diabolique qui l'a conduit jusque là, tentant de comprendre ce qui lui est arrivé et l'étendue de sa propre culpabilité.
Tout a commencé à la fin d'une conférence, lorsque Betty est entrée en scène pour lui proposer de travailler pour son époux, grand magnat des pêcheries islandaises. Betty si belle, si libre, si désirable - irrésistible en un mot. Betty qui l'initia à la vie de luxe et devint sa maîtresse, jusqu'à la dépendance. Betty dont l'époux, aujourd'hui, est mort assassiné.

Cela commence comme un roman noir assez classique - femme fatale, jeune homme trop naïf, trop faible, trop amoureux. Destin tragique inéluctable. Rideau.
Sauf que l'auteur joue de nos préjugés, et au milieu de son roman réserve une belle surprise qui éclaire toute l'affaire d'un jour assez différent, la rend soudain beaucoup plus intéressante. C'est à partir de ce retournement que j'ai réellement commencé à accrocher à l'histoire qui jusqu'alors me semblait un peu plate. Si la première partie m'a duré un jour et demie, la seconde a été dévorée en une matinée !
Pour autant, Indridason ne joue pas vraiment sur le suspense : les grandes lignes du dénouement, on les connait très vite et ce qui l'intéresse ici n'est pas le quoi mais le comment et le qui. Comment quelqu'un peut se laisser manipuler à ce point, quelles sont au juste les ficelles de la manipulation. Qui est réellement Betty, et qui est sa victime. Ou devrait-on dire ses victimes ?

Sans être d'une grande originalité - j'y ai retrouvé des ambiances et des échos d'autres livres, d'un tout particulièrement dont je tairai le nom car ce serait trop révéler - c'est un roman très habile, joliment vénéneux et sensuel, que j'ai lu avec beaucoup de plaisir.