February 23rd, 2013

siouxsie

Trafic au plus bas

Après Une chance du diable en janvier 2012, Libretto vient "enfin" de rééditer le second tome des aventures des frères Ludlow, devenu à peu près introuvable jusque sur le net. Je mets des guillemets car, ayant découvert la série cet été, l'attente n'aura pas été bien longue. Elle n'en était pas moins impatiente !

Trafic au plus bas - David Donachie (Phébus, 2001)

Après les mésaventures qui faillirent mener James à l'échafaud, les frères Ludlow mettent le cap sur Gênes avec dans leurs bagages un coffre assez rempli d'or pour acheter un nouveau navire. Du moins est-ce l'intention de Harry, qui se verrait bien faire la course en Méditerranée : son cadet, lui, est plus réservé.
Mais entre la nécessité d'élucider le meurtre d'un capitaine anglais, les agressions d'une mystérieuse bande d'assassins muets et les tortueuses magouilles des corsaires britanniques installés dans la ville, ses projets ne vont pas tarder à se compliquer. Sérieusement, même.

Donachie confirme ici son goût pour les intrigues tortueuses où les secrets plus ou moins honteux sont autant d'embûches, pour la rudesse des mœurs marines et les personnages ambigus. Les ressorts du scénario sont toutefois un peu moins complexes que dans Une chance du diable, ce qui rend l'histoire plus facile à suivre et à appréhender. Un peu trop, même : j'ai vite deviné le fin mot de l'histoire, ce qui m'arrive assez rarement, et regretté que le scénario souffre parfois de quelques facilités.
Mais ces défauts n'enlèvent rien au plaisir de retrouver les deux frangins, dont la relation est de plus en plus intéressante, et de les suivre dans leurs (més)aventures en se demandant comment il vont se sortir de tout ça. Le rythme et l'ambiance sont là, et ce petit voyage dans l'Italie des premiers temps de la Révolution française ne manque pas non plus d'intérêt historique.

En somme, je reste conquise... et attend à nouveau la suite avec impatience. Pour début 2014, je suppose, si Libretto tient son rythme - les rares occasions Amazon sont hors de prix, même en anglais.
siouxsie

Finn Prescott

Finn Prescott - Jérôme Lambert (Editions de l'Olivier, 2007)


Deux jours plus tôt, le narrateur ignorait jusqu'à l'existence de Finn Prescott. Entraîné par ses parents à l'enterrement de ce lointain cousin, il ne se mêle à personne, n'engage aucune discussion, mais laisse traîner ses oreilles et de groupe en groupe, reconstitue peu à peu l'histoire du défunt dont il nous livre le récit.

Cette histoire, c'est celle d'un jeune homme longtemps studieux, plongé dans le grand vertige de la connaissance, de la découverte du monde et de la quête d'un destin hors du commun. Un jeune homme nourri de trop de savoir, de rêves et d'illusions pour trouver comment s'accomplir. Un jeune homme banal, somme toute, en qui s'incarnent un temps toutes les folles exaltations de la jeunesse... pour mieux s'effilocher au fil du quotidien, des choix ratés, de la paresse et des habitudes.

Sous des noms de héros romantiques aux ressorts intemporels, Jérôme Lambert dresse une satire en demi-teintes, pleine d'humour et d'ironie, de gravité aussi, avec cette fin tournée autour d'un dialogue magnifique entre deux amis perdus l'un pour l'autre. Il ouvre mille questions sur le bonheur, l'amour, la réussite, ce dont ils se nourrissent et ce par quoi ils peuvent se définir, sans jamais y répondre vraiment, laissant le soin au lecteur d'en tirer ses propres conclusions, selon sa sensibilité et ses propres aspirations.

C'est, en somme, un très joli roman - le premier de cet auteur à réellement m'emporter.