February 15th, 2013

siouxsie

Le Club du suicide

Le Club du suicide - Robert Louis Stevenson (1882 / Gallimard, 2001)

Florizel est prince de Bohême, mais a les extravagances qu'on attendrait d'un aristocrate anglais. Alors qu'avec le beau colonel Geraldine, il quête l'aventure à travers les rues de Londres, son chemin croise celui d'un jeune homme fort occupé à offrir des tartelettes à la crème aux clients d'une taverne. Cette étonnante activité ne manque pas d'intriguer les deux compagnons, qui à la suite de l'homme aux tartelettes ne vont pas tarder à découvrir un lieu plus étonnant encore : le sinistre Club du suicide.

Les rebondissements multiples, la figure justicière du prince, celle héroïque et dévouée du fidèle compagnon, l'affreux méchant sinistre incarné par le président du club : tous les ingrédients du roman-feuilleton sont là. Mais ce qu'un Féval aurait raconté en trois tomes, Stevenson le résume en trois petites nouvelles, sur un ton semi-humoristique que le titre ne laissait pas attendre. Si la fin de chaque histoire reste tout à fait classique, un peu trop conventionnelle même à mon goût, elle s'assortit d'un petit commentaire ironique qui remet les choses en perspective et confère à l'affaire une dose appréciable de fantaisie.

C'est peut-être la seconde nouvelle que j'ai préférée, car celle où l'humour et la fantaisie sont le plus présents. La première est plus sombre, intéressante, mais reste ancrée dans une morale trop classique pour le sujet fascinant qu'elle développe, qui aurait mérité un traitement beaucoup plus ambigu. Quant à la troisième, sans me déplaire, elle ne m'a guère retenue. C'est sans doute là ce que j'ai le plus regretté : que cette belle et troublante idée ne fasse au fond que servir de prétexte à un texte très sympathique... mais pas vraiment troublant.
Sur le même sujet, j'aime infiniment mieux la superbe et glaçante Endormeuse de Maupassant...

Il reste que Florizel et Geraldine forment un couple - pardon, un duo - tout à fait inspirant :) Je me demande à quel point l'ambiguïté est voulue, entre ces deux-là.