January 12th, 2013

siouxsie

Lectures 2012 - les BD

2012 en BD, ce fut pour moi 14 titres (soit à peu près autant que l'an dernier) et 52 tomes (soit beaucoup plus). Avec là-dedans de très belles découvertes.

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Muchacho (2 volumes) - Lepage (Dupuis, 2004 et 2006)
Très grand coup de cœur que cette BD, où guerre et amour, réalisme et romantisme s'entremêlent pour créer un beau récit d'apprentissage, où chaque page est un tableau à part entière.

Coq de combat (tomes 1 à 13) - Izo Hashimoto / Akio Tanaka (Delcourt, 2003-2006)
Autre coup de coeur de l'année, en forme de grande claque celui-là. Une histoire dure, passionnante, un héros ambigu, souvent détestable et irrémédiablement attachant, un beau dessin, à la fois rude et élégant, loin des poncifs stylistiques du manga. L'histoire s'étire peut-être un peu trop en longueur (21 volumes sortis à ce jour en français), ce qui ne m'epêche pas de rester accro, et de maudire copieusement ma bibliothèque qui n'a pas tous les tomes !

De cape et de crocs (10 tomes) - Alain Ayroles (Delcourt, 1999-2012)
Allez, hop ! Encore un coup de coeur pour ce délicieux hommage à l'aventure, aux romans de cape et d'épée et à la littérature du XVIIe siècle, truffée de personnages savoureux et de dialogues géniaux.

Fables (tomes 1 à 5) - Bill Willingham (Vertigo, 2004-2008)
Le dessin n'a rien d'extraordinaire malgré de très belles planches et couvertures qui contribuent grandement à l'ambiance, tous les scénarios ne se valent pas, mais certains sont assez passionnants et celui qui tisse la trame générale de l'histoire me plait énormément. Un univers attachant, des personnages intéressants et notamment un Loup selon mon coeur : j'adore !

Blacksad (4 tomes) - Diaz Canales (Dargaud, 2003 à 2010)
J'ai longtemps hésité devant cette série, les personnages d'animaux anthropomorphes ayant tendance à me rebuter, mais l'ambiance très sombre, la qualité du dessin et des scénarios ont su me conquérir et me toucher bien plus que je ne l'aurais imaginé. Belle découverte.

Corto Maltese, les Celtiques - Hugo Pratt (1972 / Casterman, 2011)
Dans la série "il n'est jamais trop tard pour découvrir ses classiques", 2012 aura aussi été l'année de ma rencontre avec Corto Maltese. Si la première histoire de ce recueil est un peu trop anecdotique, les autres se sont avérées bien plus à mon goût. Et le dessin est à peu près aussi séduisant que le personnage.

Poulet aux prunes - Marjane Satrapi (L'Association, 2004)
Pas de doute : la BD - qui ne se perd pas dans une histoire d'amour dramatisante et insipide - est infiniment plus intéressante que le film.

Ludwig Revolution (4 volumes) - Kaori Yuki (2004-2007 / Tonkam, 2007-2008)
Kaori Yuki, c'est pour moi plein de vieux souvenirs plus ou moins révolus, et je ne m'attendais pas à prendre autant de plaisir à (re) découvrir ce détournement de contes de fées dont j'avais lu le premier tome en scantrad il y a assez longtemps. Premier tome qui reste sans doute le meilleur, par sa cruauté savoureuse, mais si la suite se fait plus romantique et facile, elle n'en est pas moins très plaisante, souvent touchante et parfois très drôle.

Garulfo (6 volumes) - Alain Ayroles (Delcourt, 1999-2002)
Une série très sympathique, certes loin de valoir De Cape et de Crocs du même auteur, mais avec laquelle j'ai passé un excellent moment.

Sorcières - Chabouté (Le Téméraire, 1998)
Une série de petites histoires à l'humour très noir, que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire... mais dont je ne me rappelle déjà plus grand chose. Le problème des petites histoires, justement. Au moins, je reprendrai sans doute tout autant de plaisir à le relire !

Sasmira (tomes 1 et 2) - Laurent Vicomte (Les Humanoïdes associés, 1997 et Glénat, 2008) à
Une BD devant laquelle je reste un peu partagée. L'histoire est très belle et très étrange, assez captivante, mais les personnages ne m'accrochent pas totalement. Le premier tome, dont j'avais entendu le plus grand bien (trop sans doute), m'a déçu par son dessin un peu vieillot, quand le second, esthétiquement beaucoup plus réussi (les 11 années écoulées, mais aussi le changement de coloriste se sentent), m'a beaucoup plus plu.

Western - Rosinski / Van Hamme (Le Lombard, 2001)
J'ai bien aimé, sans être transportée... et une fois encore, je ne m'en souviens déjà quasiment plus. Si vous commencez à vous dire que j'ai une mémoire de poisson rouge, vous n'aurez certainement pas tort.

Cap'tain Swing et les pirates électriques de Cindery Island - Warren Ellis (Milady, 2012)
L'intrigue avait un beau potentiel, mais le résultat n'est pas à la hauteur avec un scénario qui met trop de temps à démarrer puis se développe trop vite. Plus de concision ou d'ampleur auraient été nécessaires pour que cette aventure, au demeurant sympathique, devienne vraiment intéressante.

Marche ou rêve - Laurel et Elric (Dargaud, 2011)
La très jolie couverture (ainsi que l'apparence délicieusement snapienne du personnage principal, j'avoue) m'avaient alléchée. De fait, le dessin est très sympa, mais j'ai peiné à trouver le moindre intérêt à l'histoire - même si elle n'en est sans doute pas dépourvue en soi. Juste pas pour moi.
siouxsie

L'île au Trésor

L'Île au Trésor - R.L. Stevenson (1883 / Actes Sud, 1993)

l'île au trésorDans une auberge de la côte anglaise, un mystérieux client s'installe un jour. Son encombrante et truculente personne, et les ennuis qu'elle entraîne, ne va pas tarder à semer un sacré bazar dans la vie bien rangée des propriétaires des lieux. Tout particulièrement celle de leur jeune fils, qui finira par se voir entraîné en excellente compagnie sur la piste de l'Île au Trésor...

Tant de choses ont été dites sur ce roman, classique entre tous, qu'il paraît un peu vain d'ajouter une nouvelle chronique à la liste. Je me contenterai donc de dire que j'ai énormément aimé cette histoire, dont l'écriture intemporelle, vivante et colorée, nous entraîne irrésistiblement dans l'Aventure - avec un grand A, oui, rien de moins - et confère à l'imaginaire bien plus de puissance qu'au réel. L'écriture d'un conteur hors pair, doublé d'un excellent créateur de personnages. Fourbe, manipulateur, cupide, cruel, intelligent, redoutable, malgré tout doté d'un certain sens de l'honneur et d'un panache indéniable, indéniablement sympathique malgré tout, Long John Silver est un très digne fils du créateur du Dr Jekyll et de son double noir.
On comprend fort bien qu'il ait alimenté d'autres œuvres (un roman de Björn Larsson et une BD de Xavier Dorison et Mathieu Lauffray)... sur lesquelles je ne vais pas tarder d'aller me jeter !

Ajoutons aussi que l'édition Actes Sud / Babel (introuvable en librairies, mais pas sur le net) contient en postface une très jolie lecture de Michel le Bris, qui devrait parler à tous les amateurs de romans d'aventure, à tous ceux pour qui l'imagination et le rêve son l'essence même de l'art... et de la vie. (J'ai d'ailleurs une sympathie particulière pour les éditeurs qui font des postfaces plutôt que des préfaces - qui alimentent a posteriori la lecture d'une œuvre, plutôt qu'essayer de l'influencer a priori... généralement en dévoilant l'essentiel de l'intrigue dans l'affaire)