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Le Diable et Marie

Non loin de Falaise, dans une lande assez peu normande, s'ouvre une abrupte faille de roche que l'on pourrait croire franc-comtoise. Là au fond, dans un écrin d'arbres et de mousse humide, un torrent dévale de pierre en pierre. Nous voici à la brèche au Diable - créée, dit la légende, par le Seigneur aux Pieds Fourchus.
Encore une sombre histoire où le pauvre homme se fait couillonner par un saint ermite. En l'occurrence saint Quentin, pas fichu de réguler le cours du Laizon lui-même, qui demanda un coup de main à Satan et récupéra son âme mise en jeu en lui faisant jouer les lavandières sur une peau de bouc dans le cours du Laizon.

Au sommet de la falaise, sur une éminence désormais appelée le mont Joly, se dresse le tombeau d'une comédienne.
Marie Joly, sociétaire de la comédie Française née en 1761, connut le succès sur les planches, la prison sous la Révolution, et l'amour dans les bras d'un capitaine de cavalerie qui possédait un manoir dans le coin. Après son décès prématuré, son époux éploré dressa à sa mémoire une réplique du tombeau de Rousseau, dont elle était fervente admiratrice. Je m'abstiendrai de juger les goûts philosophiques de cette pauvre femme : l'endroit est ravissant.





En juin 2011, ces lieux furent aussi le théâtre d'une randonnée épique avec Caro, Greg et Nath - la randonnée du Diable qui, grâce aux bons conseils du Topoguide, nous fit errer pendant plus de cinq heures sous un soleil de plomb avec une bouteille d'eau pour quatre. Ne vous fiez jamais aux indications des Topoguide.
Le 5 mai dernier, Cécilia et moi nous contentâmes d'un itinéraire beaucoup plus simple, partant du fond de la vallée pour remonter le cours du Laizon, grimper jusqu'au tombeau, et redescendre par un chemin escarpé jusqu'à notre point de départ. Après une longue visite du château de Falaise, c'était juste parfait.










Nicolas Fouquet Dulomboy, l'époux de Marie, confia la garde du tombeau à la famille Kermaëdic... qui l'assure toujours aujourd'hui.
Aux beaux jours, le dimanche après-midi, contre quelques dizaines de centimes, une dame Kermaëdic ouvre la grille au visiteur, lui conte l'histoire de Marie et l'aide à déchiffrer les vieilles épitaphes mangées de mousse.









Voyageur poursuit ta route et demande à Dieu que ton coeur ne perde jamais (celle ?) qu'il aime.



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Tags: balades & randos, lieux : normandie, photos, zamis
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