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Deuxième partie de la mise en images du livre de Philippe Delerm sur les préraphaélites, Autumn.
Après l'évocation des débuts de la confrérie puis de son évolution vers l'éloignement de ses membres, qui sert de trame générale au roman, voici la Béatrice de Dante - Elizabeth Siddal sous les pinceaux de Rossetti.





II - Dante et Béatrice ; Gabriel, Elizabeth et Jane.

  • 1851 – 1862 : Elizabeth Siddal, jeux de miroirs.
C'est au fond du miroir que nait la beauté pure, ma douce Lizzie. Les maîtres flamands le savaient. Ces sorcières au verre bombé qu'on voit au fond des tableaux de Jean Van Eyck, multipliant dans le vertige de l'abyme la richesse des meubles et des étoffes, sont à la fois comme un symbole et un chemin. La Beauté pure sera toujours de Bruges, ou de Venise ; il y faut la magie de l'eau et des reflets, dans un espace de silence. Il faut oser se regarder. (p.92)

Jan van Eyck
Les époux Arnolfini (1434)




♣ ♣ ♣

Il n'était que voir, aux quatre coins de la pièce, le visage, la silhouette, la chevelure d’Élizabeth, transfigurée en fiancée de Dante Alighieri, en Béatrice rêveuse et lointaine. La multiplication de ces images, la présence ensorcelante de Lizzie ; tout cela donnait le tournis, et John Ruskin ne savait plus très bien sur quel versant de l'existence il se sentait pris de vertige. (p. 96)


Portraits d’Elizabeth Siddal par Dante Gabriel Rossetti

  

  
1852                                                                     1854

                                                                          1855

 
1853                                                                          1860

Elizabeth painting (1850's)

   

   Elisabeth Siddal
Self Portrait (1854)



♣ ♣

Dante Gabriel ROSSETTI
The First anniversary of the death of Beatrice, or Dante Drawing an angel (1853)





Beatrice Meeting Dante at a Marriage Feast Denies him Her Salutation (1855)




Dante's Dream at the Time of the Death of Beatrice (1856)




Deux panneaux pour un cabinet destiné à W. Morris :
The salutation of Beatrice / The salutation in the garden of Eden (1859)





Dantis Amor (1860)




Beata Beatrix. Elizabeth était là pour toujours, les yeux à jamais clos, sous l'emprise d'un bonheur ou d'une douleur ineffables. Une aura dorée de de lumière finissante nimbait sa chevelure rousse déployée. Le visage penché en arrière, les lèvres entrouvertes mais si pâles, elle semblait s'offrir à la mort, au rêve d'une éternité enfin paisible. Un oiseau glissait dans ses mains la corolle d'une fleur blanche. Près d'elle, comme un soleil de l'ombre, le cadran solaire marquait la dernière heure qui l'avait bénie, et non blessée. A l'arrière-plan du tableau, Rossetti avait représenté son frère d'âme à travers les siècles : Dante Alighieri détournait les yeux, frileusement enfoui dans un manteau jeté sur le froid de son corps. Oui, Béatrice éternelle était bien née de cette âme en souffrance. Mais le poète florentin s'effaçait derrière elle, semblait se diluer en elle, et le regard baissé de Béatrice disait à lui seul toute la vérité avidement cherchée parmi les cercles de l'enfer et les chemins du paradis. (p.11)


Dante Gabriel ROSSETTI
Beata Beatrix (terminé en 1872)




♣ ♣ ♣
♣ ♣

  • 1863, après Elizabeth : Jane Burden Morris
Dodgson s'approcha. Ces derniers portraits lui parurent sublimes. D'une facture peut-être un peu plus lourde que les toiles anciennes, ils avaient un mystère, une présence tout à fait nouvelles. Plus que jamais, ils mariaient le divin au charnel dans un climat de malaise raffiné. La même jeune femme avait servi de modèle à ces tableaux. Ici vêtue d'une robe d'un bleu soyeux, faisant face au spectateur d'un air impénétrble, là enroulée dans le drapé flottant d'une chasuble blanc cassé, elle était inquiétante à force de beauté. Dans sa chevelure, on retrouvait l'attrait de Rossetti pour les tons automnaux, mais, moins diaphane que celle d'Elizabeth, moins végétale que celle de Fanny Cornforth, sa rousseur bouclée, longue, d'une insondable profondeur, paraissait plus immatérielle encore, avec un mélange étonnant de force et d'abandon. La bouche, large et sensuelle, la rapprochait de Fanny ; mais la pureté  fragile de son cou dépassait en finesse le port de tête de Lizzie. (p. 222)

Dante Gabriel Rossetti
The Blue Silk dress (Jane Morris), 1868





La Pia de Tolomei (1866 - 1870)



Les textes, extraits du roman, sont de Philippe Delerm. N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir.

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