Mise à jour du post créé fin aout sur le même sujet, avec la liste des expos et des cycles ciné que je voudrais voir.
( Expositions )
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( Cycles cinéma )
( Expositions )
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( Cycles cinéma )
Fond d'Urle, c'est une sorte de vallon au cœur des hauts plateaux du Vercors, d'où l'on débouche au sommet des falaises, avec une vue spectaculaire sur la Drôme et de quoi randonner à l'infini. Un vrai petit paradis. Mais si ce nom évocateur a fait passer un petit frisson dans vos épaules - ou au moins votre imagination - ce n'est pas sans raison. Fond d'Urle est un petit paradis où il y a du vent. Potentiellement beaucoup de vent.
Nous n'avions pas du tout conscience de ce qui soufflait sur la montagne, lorsque nous sommes partis de l'auberge, le matin du 6 février. Déjà un peu plus en sortant de la voiture, devant l'hôtel au creux du vallon où pour la première fois de ma vie je chaussai une paire de raquettes de neige.
L'initiation fut épique.
Nous n'avions pas du tout conscience de ce qui soufflait sur la montagne, lorsque nous sommes partis de l'auberge, le matin du 6 février. Déjà un peu plus en sortant de la voiture, devant l'hôtel au creux du vallon où pour la première fois de ma vie je chaussai une paire de raquettes de neige.
L'initiation fut épique.
Le 5 février, je prenais le train avant l'aube pour rejoindre mes parents dans le Vercors. Le Vercors tout englouti dans une gangue de neige et de glace, sous un froid polaire comme j'en avais rarement connu.
Le premier jour est plutôt tranquille. Lorsque j'arrive, la voiture commence à se remettre de sa nuit à - 25°C et tiédit peu à peu jusqu'à Villard-de-Lens, où je me gave consciencieusement de fromage fondu et de vin blanc avant d'investir dans une paire de chaussures de randonnée fourrées, inaugurées peu après par une balade vers Corrençon.
Le premier jour est plutôt tranquille. Lorsque j'arrive, la voiture commence à se remettre de sa nuit à - 25°C et tiédit peu à peu jusqu'à Villard-de-Lens, où je me gave consciencieusement de fromage fondu et de vin blanc avant d'investir dans une paire de chaussures de randonnée fourrées, inaugurées peu après par une balade vers Corrençon.
Une petite route qui serpente le long d'une gorge, entre Cornillon et Arnayon, puis un chemin de terre qui du bord de la rivière s'élève lentement dans la montagne, entre marnes et forêt.
Et soudain, au milieu de nulle part, à demi cachés par les arbres, les murs d'une vieille ferme abandonnée, qui d'après les gens du coin servit de QG à la Résistance locale, pendant la guerre. Qu'a-t-il pu se passer, là bas, autrefois ? Rien peut-être, mais l'endroit, indubitablement mystérieux, ouvre toutes les portes à l'imagination...
Et soudain, au milieu de nulle part, à demi cachés par les arbres, les murs d'une vieille ferme abandonnée, qui d'après les gens du coin servit de QG à la Résistance locale, pendant la guerre. Qu'a-t-il pu se passer, là bas, autrefois ? Rien peut-être, mais l'endroit, indubitablement mystérieux, ouvre toutes les portes à l'imagination...
Une fois n'est pas coutume : je ne parlerai pas ici d'un roman, mais d'un petit livre érudit découvert par hasard, qui sans être un coup de coeur, m'a beaucoup intéressée.
Le Fou et le Professeur - Simon Winchester (J.C. Lattès, 2000)

Comment, concrètement, établissait-on un dictionnaire – et un dictionnaire géant, offrant un panorama complet et raisonné de la langue anglaise – lorsqu'aucun ouvrage comparable n'avait jamais été publié, et qu'on ne disposait encore d'aucun des moyens offerts aujourd'hui par l'informatique ?
On montait une machinerie à l'organisation titanesque. On recourrait à des centaines de volontaires, anglophones érudits du monde entier, pour éplucher scrupuleusement les livres, y puiser mots et citations. Et on engageait des fous.
Le premier de ces fous ne l'est qu'au sens familier du terme. James Murray, le professeur du titre, modeste fils de tailleur passionné de savoir et de philologie, qui à trente-sept ans s'excusait de « ne pas maîtriser toutes les langues et littératures aryennes et syro-arabiques, mais d'en posséder assez le lexique général et la syntaxe pour arriver à une parfaite maîtrise avec un peu d'application. » L'homme qui, en 1877, fut choisi pour relancer et réorganiser le grand projet de dictionnaire de la langue anglaise décidé vingt ans plus tôt par le doyen de la Société de Philologie. Celui qui, obtenant le soutien des presses universitaires d'Oxford, en fit le désormais incontournable Oxford English Dictionnary, consacra les quarante dernières années de son existence à son élaboration et mourut avant de le voir terminé. Un fou, donc.
L'autre fou, lui, l'était au sens clinique du terme. William Minor, né à Ceylan d'un couple de missionnaires américains, jeune chirurgien prometteur, érudit et artiste, engagé en 1863 dans l'armée de l'Union, mais que des pulsions sexuelles morbides et les horreurs de la guerre de Sécession firent lentement et surement dériver vers la schizophrénie paranoïaque. Précocement retraité de l'armée, il tenta de reprendre pied par un voyage en Europe... et au cours d'une de ses crises abattit un passant dans les rues de Londres, une nuit de février 1872. Jugé irresponsable, il fut interné à l'asile de Broadmoor où il se plongea complusivement dans les livres... et où finit par l'atteindre l'un des appels à participation de James Murray. Il devint alors l'un des acteurs volontaires les plus actifs et efficaces du grand dictionnaire, qui lui doit des milliers de citations, alors même qu'en parallèle ses délires de persécution ne cessaient d'empirer.
C'est l'histoire – bien réelle – de ces deux hommes, que raconte ici Simon Winchester. Qui ils furent, comment ils en arrivèrent là, quelles furent leurs relations et leur influence l'un sur l'autre. Mais aussi, à travers eux, toute l'histoire de la philologie anglaise et de l'Oxford English Dictionnary, avec quelques incursions vers l'histoire de la guerre de Sécession et du traitement de la folie à l'époque victorienne.
Ce n'est pas follement bien écrit : l'auteur a une certaine tendance à se répéter, et surtout à recourir à un style hyperbolique assez agaçant. Mais après tout, ce n'est pas un roman : l'ensemble est assez bien construit pour accrocher son lecteur, et les défauts du style s'oublient assez facilement derrière un sujet passionnant, raconté avec un enthousiasme au fond assez communicatif.
Le Fou et le Professeur - Simon Winchester (J.C. Lattès, 2000)

Comment, concrètement, établissait-on un dictionnaire – et un dictionnaire géant, offrant un panorama complet et raisonné de la langue anglaise – lorsqu'aucun ouvrage comparable n'avait jamais été publié, et qu'on ne disposait encore d'aucun des moyens offerts aujourd'hui par l'informatique ?
On montait une machinerie à l'organisation titanesque. On recourrait à des centaines de volontaires, anglophones érudits du monde entier, pour éplucher scrupuleusement les livres, y puiser mots et citations. Et on engageait des fous.
Le premier de ces fous ne l'est qu'au sens familier du terme. James Murray, le professeur du titre, modeste fils de tailleur passionné de savoir et de philologie, qui à trente-sept ans s'excusait de « ne pas maîtriser toutes les langues et littératures aryennes et syro-arabiques, mais d'en posséder assez le lexique général et la syntaxe pour arriver à une parfaite maîtrise avec un peu d'application. » L'homme qui, en 1877, fut choisi pour relancer et réorganiser le grand projet de dictionnaire de la langue anglaise décidé vingt ans plus tôt par le doyen de la Société de Philologie. Celui qui, obtenant le soutien des presses universitaires d'Oxford, en fit le désormais incontournable Oxford English Dictionnary, consacra les quarante dernières années de son existence à son élaboration et mourut avant de le voir terminé. Un fou, donc.
L'autre fou, lui, l'était au sens clinique du terme. William Minor, né à Ceylan d'un couple de missionnaires américains, jeune chirurgien prometteur, érudit et artiste, engagé en 1863 dans l'armée de l'Union, mais que des pulsions sexuelles morbides et les horreurs de la guerre de Sécession firent lentement et surement dériver vers la schizophrénie paranoïaque. Précocement retraité de l'armée, il tenta de reprendre pied par un voyage en Europe... et au cours d'une de ses crises abattit un passant dans les rues de Londres, une nuit de février 1872. Jugé irresponsable, il fut interné à l'asile de Broadmoor où il se plongea complusivement dans les livres... et où finit par l'atteindre l'un des appels à participation de James Murray. Il devint alors l'un des acteurs volontaires les plus actifs et efficaces du grand dictionnaire, qui lui doit des milliers de citations, alors même qu'en parallèle ses délires de persécution ne cessaient d'empirer.
C'est l'histoire – bien réelle – de ces deux hommes, que raconte ici Simon Winchester. Qui ils furent, comment ils en arrivèrent là, quelles furent leurs relations et leur influence l'un sur l'autre. Mais aussi, à travers eux, toute l'histoire de la philologie anglaise et de l'Oxford English Dictionnary, avec quelques incursions vers l'histoire de la guerre de Sécession et du traitement de la folie à l'époque victorienne.
Ce n'est pas follement bien écrit : l'auteur a une certaine tendance à se répéter, et surtout à recourir à un style hyperbolique assez agaçant. Mais après tout, ce n'est pas un roman : l'ensemble est assez bien construit pour accrocher son lecteur, et les défauts du style s'oublient assez facilement derrière un sujet passionnant, raconté avec un enthousiasme au fond assez communicatif.
Il n'y a pas longtemps, j'embarquais à bord de la Trochita - un petit train archaïque cahotant à travers les immensités désertes de la Patagonie - dans ce délicieux bouquin conseillé par Tara : Patagonia Tchou Tchou de Raul Argemi.
Aujourd'hui, je suis repartie là-bas, dans de toutes autres conditions de voyage, grâce à la très belle exposition du musée du Quai Branly : Patagonie, images du bout du monde, qui se termine le 13 mai.
Une exposition où l'on découvre l'histoire réelle et imaginaire de cette région chargée de tant de mythes et de fantasmes par les européens qui la découvrirent. Créatures étranges qui ne sont pas sans rappeler les inventions de Marco Polo, indiens avaleurs de flèches, géants surtout, censés mesurer plus du double de la taille d'un être humain... et par qui furent nommé cette terre.
Saviez-vous, en effet, que Patagón était à l'origine le nom d'un personnage littéraire ? Un géant, qui apparaissait dans le roman de chevalerie Primaleon de Grecia, publié à Salamanque en 1512... et bien connu de Magellan, lequel donna son nom aux géants découverts en Amérique du Sud.
A travers de nombreux manuscrits, livres anciens et gravures, des plus fantaisistes (Pigafetta, Restif de la Bretonne...) aux plus sérieux (Duplessis, Dumont d'Urville...), le visiteur découvre l'évolution de cet imaginaire de la Patagonie vers une tentative de rationalisation, de description scientifique, que vient concrétiser l'apparition de la photographie et les missions spécialisées.
Des photographies, justement, il y en a de superbes : des paysages mais surtout des portraits. Autochtones saisis sur leur lieu de vie, pendant leurs rituels... mais aussi un très émouvant album sur lequel apparaissent les visages d'indiens exhibés à la fin du XIXe siècle, au Jardin d'Acclimatation de Paris.
Et, pour finir en beauté, trois superbes photos de la mythique Cité des Césars, où des affleurements de roche volcanique dessinent les reliefs d'une ville imaginaire.
Evidemment, je me suis laissée tenter et suis repartie de là avec le Périple de Beauchesne à la Terre de Feu... Un récit d'exploration de la fin du règne de Louis XIV : comment y résister ?!
Aujourd'hui, je suis repartie là-bas, dans de toutes autres conditions de voyage, grâce à la très belle exposition du musée du Quai Branly : Patagonie, images du bout du monde, qui se termine le 13 mai.
Une exposition où l'on découvre l'histoire réelle et imaginaire de cette région chargée de tant de mythes et de fantasmes par les européens qui la découvrirent. Créatures étranges qui ne sont pas sans rappeler les inventions de Marco Polo, indiens avaleurs de flèches, géants surtout, censés mesurer plus du double de la taille d'un être humain... et par qui furent nommé cette terre.Saviez-vous, en effet, que Patagón était à l'origine le nom d'un personnage littéraire ? Un géant, qui apparaissait dans le roman de chevalerie Primaleon de Grecia, publié à Salamanque en 1512... et bien connu de Magellan, lequel donna son nom aux géants découverts en Amérique du Sud.
A travers de nombreux manuscrits, livres anciens et gravures, des plus fantaisistes (Pigafetta, Restif de la Bretonne...) aux plus sérieux (Duplessis, Dumont d'Urville...), le visiteur découvre l'évolution de cet imaginaire de la Patagonie vers une tentative de rationalisation, de description scientifique, que vient concrétiser l'apparition de la photographie et les missions spécialisées.
Des photographies, justement, il y en a de superbes : des paysages mais surtout des portraits. Autochtones saisis sur leur lieu de vie, pendant leurs rituels... mais aussi un très émouvant album sur lequel apparaissent les visages d'indiens exhibés à la fin du XIXe siècle, au Jardin d'Acclimatation de Paris.
Et, pour finir en beauté, trois superbes photos de la mythique Cité des Césars, où des affleurements de roche volcanique dessinent les reliefs d'une ville imaginaire.
Evidemment, je me suis laissée tenter et suis repartie de là avec le Périple de Beauchesne à la Terre de Feu... Un récit d'exploration de la fin du règne de Louis XIV : comment y résister ?!
(Oubli honteux dans mon post précédent, l'arbre d'or est désormais rajouté.)
Le 15 janvier, un coup d’œil par la fenêtre suffit à me jeter hors du lit pour une balade matinale en solitaire, sur les berges de l'étang de la Marette, dans un paysage tout d'ombres, de lumière rose et de givre...
Le 15 janvier, un coup d’œil par la fenêtre suffit à me jeter hors du lit pour une balade matinale en solitaire, sur les berges de l'étang de la Marette, dans un paysage tout d'ombres, de lumière rose et de givre...
La forêt toute rousse et grise, presque minérale, les champs gorgés d'eau et de lumière, des poudroiement de givre et de soleil rasant dans une solitude exquise : c'est en hiver que Brocéliande mérite le mieux sa réputation. En hiver qu'elle devrait être découverte par ceux qui ne la connaissent pas encore ou qu'une première visite a déçus.
Le 14 janvier dernier, nous partions y fêter les trente ans de Caro, troublant quelque peu la sérénité des lieux mais sans rien perdre de leur beauté.
Le 14 janvier dernier, nous partions y fêter les trente ans de Caro, troublant quelque peu la sérénité des lieux mais sans rien perdre de leur beauté.
Let's rock today, c'est un blog tenu par trois rockaddicts amateurs, qui nous font partager leur passion.
Classiques et perles rares sont au rendez-vous, avec à chaque fois un petit texte pour raconter la chanson. Le principe est d'un morceau par jour, mais s'y ajoute une rubrique "topology", avec une playlist sur un thème donné.
Une seule playlist à cette date, qui a le mérite d'aborder avec humour les prochaines présidentielles. Dix rocksongs pour dix candidats, de Scorpions à System of a Down avec au passage un chouette groupe à découvrir : c'est par ici !
Classiques et perles rares sont au rendez-vous, avec à chaque fois un petit texte pour raconter la chanson. Le principe est d'un morceau par jour, mais s'y ajoute une rubrique "topology", avec une playlist sur un thème donné.
Une seule playlist à cette date, qui a le mérite d'aborder avec humour les prochaines présidentielles. Dix rocksongs pour dix candidats, de Scorpions à System of a Down avec au passage un chouette groupe à découvrir : c'est par ici !
Hier, en revenant de distribuer des tracts pour un jeu concours SNCF à la gare de l'est (mon samedi matin fut passionnant), j'ai découvert un excellent bouquiniste. Apparemment, il est installé depuis un bon moment mais je n'y avais jamais prêté attention - peut-être en raison de la présence, sur le trottoir opposé, de la librairie Le Phénix.
Les grands formats sont à 3 €, les poches à 1 €, et si le choix est relativement restreint, il est plutôt de qualité - bien loin des bacs Gibert avec leurs vieux best-sellers moisis des années 80.
En moins de dix minutes, j'y ai dégoté le dernier Sophie Di Ricci, Cinacitta (ou le bouquin sur lequel Arca vient juste de faire une critique sur
babel_oueds), un Wilkie Collins et un petit livre que je ne connaissais pas, le Fou et le professeur, qui m'a l'air fort alléchant.
Il y a aussi des CD et DVD dans la même gamme de prix, mais j'ai préféré éviter de m'attarder dessus ^^
Ca s'appelle La Bouquinerie du centre, et c'est au 87 boulevard de Sébastopol.
Si votre bibliothèque ne s'est pas encore écroulée sous son chargement, n'hésitez pas à y courir !
Les grands formats sont à 3 €, les poches à 1 €, et si le choix est relativement restreint, il est plutôt de qualité - bien loin des bacs Gibert avec leurs vieux best-sellers moisis des années 80.
En moins de dix minutes, j'y ai dégoté le dernier Sophie Di Ricci, Cinacitta (ou le bouquin sur lequel Arca vient juste de faire une critique sur
Il y a aussi des CD et DVD dans la même gamme de prix, mais j'ai préféré éviter de m'attarder dessus ^^
Ca s'appelle La Bouquinerie du centre, et c'est au 87 boulevard de Sébastopol.
Si votre bibliothèque ne s'est pas encore écroulée sous son chargement, n'hésitez pas à y courir !





