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Trucs à voir et visiter

91, rue Lecourbe : Eglise Saint-Séraphin de Sarov

Musée de la Grenouillère, à Croissy (mercredi et dimanche, 14h30 - 18h)
Musée Fournaise, sur l'île de Chatou (mer/jeu/ven : 10h-12h et 14h-18h - sam/dim : 11h-18h)
Musée Tourgueniev, à Bougival (d'avril à octobre inclus, samedi 14h-18h, dimanche 10h-18h)
Musée-Promenade de Marly-le-Roi (mercredi à dimanche, 14h-17h30)
Musée des années 30, à Boulogne-Billancourt (mardi au dimanche, 11h-18h)
A une trentaine de kilomètres à l'ouest de Copenhague, Roskilde est l'ancienne capitale médiévale du Danemark. Posée au fond d'un fjord, c'est aujourd'hui une petite ville pleine de charme, dominée par une superbe cathédrale de brique rouge. Ce qui nous amène là, toutefois, est avant tout le musée des bateaux vikings, où l'histoire de la navigation scandinave se retrace autour d'un chantier naval. On y trouve quelques vieilles coques noircies, arrachées au fond du fjord où elles sommeillaient depuis près de 900 ans, mais aussi de très nombreuses répliques contemporaines de bateaux anciens, des plus petites aux plus grandes, certaines achevées, d'autres encore à l'état d'ébauche sur lesquelles une poignée d'artisans travaille tout au long de la journée devant le public.
Avec plein d'explications sur tout (l'histoire, les techniques, les matières...), la visite est passionnante et nous retient une bonne partie de la journée !

2e challenge ABC : V comme Von Arnim

Elizabeth Von Arnim - Elizabeth et son jardin allemand (1898 / Editions 10/18, 1996)
Précédé de Souvenirs de Nassenheide, par E.M. Forster (1959)
(174 pages, soit 50x2 = 100 km de plus pour le challenge Tour du Monde. Pays : Allemagne. Total : 7000 km, 26 885 pages et 19 pays pour 72 livres)

Des jardins, on loue surtout les anglais, ibénis par la grâce des dieux de la pluie. Pourtant, c'est en Allemagne que cette Anglaise a trouvé le sien, un peu par hasard. Cinq années de mariage, cinq années de ville, étouffantes, comme gâchées, et au détour d'une visite, la découverte de cette vieille demeure de campagne où personne ne songeait plus à aller. Elizabeth adopte les lieux aussitôt, elle va en faire son nid, son refuge, sa passion, bien loin des contraintes assommantes de la vie sociale et des mondanités. A son jardin, elle se consacre toute entière, avec un enthousiasme jamais entamé malgré les revers de fortune : les rosiers qui dépérissent, les semis qui ne prennent pas, les sécheresses prolongées, le gel mordant de l'hiver, les jardiniers incompétents... sans compter les visiteurs importuns et l'incompréhension de son époux, un comte allemand aussi rigide qu'hermétique aux excentricités de Madame.
Car, bien entendu, une femme qui préfère ses plantations aux potins des salons ne peut être qu'une grande excentrique !

Conté au fil des mois à la manière d'un journal, c'est un petit texte délicieux que ce Jardin allemand. Une ode aux plaisirs simples de la solitude, aux beautés de la nature, mais aussi une chronique pleine d'esprit, qui égratigne sans pitié les maris imbus de leur sagesse, les mondains assommants, les amis envahissants... et, ma foi, la quasi totalité de l'humaine engeance. Elle n'épargne à peu près personne, Elizabeth - pas même elle-même, au fond, sous ses airs de supériorité désinvolte -, et si ses goûts la tournent vers d'autres plaisirs, plus simples, son ton n'est pas sans me rappeler parfois celui de Wilde. Elle en a l'égocentrisme assumé, le mordant raffiné, le badinage faussement frivole, le goût des aphorismes bien tournés, le sens aigu de la beauté, aussi.
Une petite bulle de pur bonheur à savourer au jardin... avant de filer à la jardinerie la plus proche pour rafraîchir de toute urgence vos pots ou plates-bandes. (Je mets au défi l'amateur de jardinage d'y résister !)

Appréciable bonus dans l'édition 10/18 : un intéressant petit texte introductif de Forster, qui en 1905 passa quelques mois chez la comtesse Von Arnim comme répétiteur d'anglais, et quelques photos pour achever de planter le décor.

Le Club - Michel Pagel

Michel Pagel - Le Club (Les Moutons électriques, 2016)
(160 pages, soit 50x2 = 100km de plus pour le challenge Tour du Monde. Pays : France. Total : 6900 km, 26 711 pages et toujours 18 pays pour 71 livres)

Autrefois, ils étaient cinq. Unis comme les doigts de la main, éternellement jeunes et invincibles. Et puis le temps les a rattrapés. Dagobert est mort, évidemment. Les autres ont subi l'âge adulte comme une déchéance. Mick est passé par la délinquance avant, dit-on, de se reprendre. François est devenu flic - un commissaire froid, rigide, tout de devoir et sans âme. De déceptions sentimentales en mariages ratés, Annie a fini par sombrer dans l'alcool. Quant à Claude, en couple complice avec une jolie jeune femme, elle semble la moins abîmée du lot, mais l'équilibre n'a pas été facile à trouver et il reste au fond bien fragile.
C'est elle qui a l'idée de réunir la bande, depuis longtemps dispersée, pour un réveillon à Kernach qu'elle espère, assez naïvement sans doute, réconciliateur. Rien ne se passera comme prévu, évidemment. Entre les anciens amis, les tensions sont plus fortes que jamais, les vieux démons ne demandent qu'à relever la tête... et cela sans compter les étranges basculements dont est victime la maîtresse des lieux, vers un autre temps, un autre lieu, jumeau parfait de leur passé à tous.
Devient-elle folle, Claude, ou bien... est-ce autre chose qui se trame ?

Enthousiasme total piqué d'un brin d'appréhension, en découvrant la publication de ce roman basé sur ce qui fut l'une des plus grandes aventures de mon enfance. Le Club des Cinq, j'ai vécu dedans pendant des années, lecture et relecture d'à peu près tous les tomes de la série, invention de nouveaux scénarios une fois épuisés ceux de l'auteur et fusion de ceux-ci avec la vie quotidienne (je me souviens très bien avoir un jour demandé à sortir de classe pour aller aux toilettes parce que l'enquête du club que je jouais dans ma tête à ce moment là impliquait d'aller explorer le couloir. Non, je n'étais pas très attentive en classe, en primaire...) Bref. Tout cela pour dire qu'une grosse vingtaine d'années plus tard, ce détournement adulte de mes héros d'autrefois ne pouvait que piquer très très vivement ma curiosité... et évidemment m'inquiéter un chouïa, car l'entreprise était à peu près aussi casse-gueule qu'exaltante.

Il n'a pas fallu longtemps pour me rassurer. La sauce prend dès les premières pages grâce à une écriture incisive, une excellente maîtrise de l'univers exploité, un scénario serré qui fait très vite monter la pression. Aussi malmenés soient-ils, les personnages sont d'une impeccable cohérence, un pied dans le stéréotype qu'ils incarnaient à l'origine, un pied dans le réalisme psychologique d'êtres malmenés par la vie, le second exploitant à merveille les potentiels du premier. Et surtout, l'idée qui sous-tend tout cela joue de manière assez géniale sur le statut de personnage romanesque et la mise en abyme de leur univers
J'ai tout juste regretté que ce soit un peu bref - le format colle parfaitement à celui des romans du Club, mais le propos est si intéressant que j'aurais bien aimé le voir un peu plus longuement développé - et peut-être que le dénouement explique un peu trop ses ressorts, quand j'ai tendance à préférer les fins plus mystérieuses. Malgré ces petites réserves, ce fut une excellente lecture. Le défi périlleux que s'était fixé Michel Pagel, on peut bien le dire, est relevé avec brio !
Samedi 1er août 2015, en revenant d'Elseneur, il nous reste encore le temps d'une balade dans le centre de Copenhague, entre Nørreport et Nyhavn.
Nørreport, c'est un peu le Châtelet-les-Halles local, en beaucoup plus petit et beaucoup plus routier - il n'y a que deux lignes de métro à Copenhague, et l'essentiel du transport central se fait en bus... ou à vélo. Quant à Nyhavn, je comparerais bien ça à Honfleur, mais on va m'accuser d'être un brin franco-centrée - un mignon petit port intérieur, avec des vieux bateaux, des vieilles maisons en alignements irréguliers et des tas de bars et de restaurants dont les tables envahissent le quai. Entre les deux, un centre-ville très joli, animé, coloré, en grande partie piétonnier... et une tour ronde un peu particulière que nous visiterons au passage.

2e challenge ABC : U comme Udall

Brady Udall - Le destin miraculeux d'Edgar Mint (2001 / Albin Michel, 2001)
(545 pages, soit 100x2 = 200 km de plus pour le challenge Tour du Monde. Pays : Etats-Unis. Total : 6800 km, 26 551 pages et toujours 18 pays pour 70 livres.)

Il n'a décidément pas de bol, Edgar Mint. Comme si ce n'était pas suffisant de naître de mère Apache alcoolique et de père Blanc enfui sur une réserve miséreuse, voilà qu'un jour le facteur lui roule sur la tête. Plus qu'aux trois quarts mort, le jeune garçon est transféré d'urgence à l'hôpital, où un médecin obstiné parvient à le ramener dans le monde des vivants. De cet accident, il gardera peu de séquelles physiques mais le reste de son existence s'en verra chamboulé. Et chacun sait que lorsque la loose a décidé de s'acharner sur quelqu'un, elle ne se laisse pas écarter par un petit miracle importun.

Certaine déception à la lecture de ce roman vers lequel m'avaient attirée un bon nombre de critiques enthousiastes. Ca commençait plutôt bien, pourtant, j'ai trouvé assez accrocheur tout le début du récit où sont relatées en parallèle l'histoire de la conception d'Edgar et celle de sa renaissance. Et puis, petit à petit, tout cela se relâche. Les personnages, (trop) visiblement conçus pour paraître haut en couleurs, ne sortent guère des stéréotypes. Les violences auxquelles le héros est confronté dans l'école qu'il intègre à sa sortie de l'hôpital sont plus excessives que réellement percutantes, assez lassantes au bout du compte. Si les multiples rebondissements ont réussi à tenir mon intérêt en éveil jusqu'au bout, je n'ai jamais été vraiment touchée par les malheurs de ce gamin et mon empathie, elle, est restée extrêmement limitée. Il faut dire que les personnages contés à la première personne manquent assez rarement de m'agacer, et celui-ci n'a pas fait exception à la règle !
Quant au happy end final - car oui, un mioche au destin miraculeux peut-il échapper au happy end ? - je l'ai trouvé plutôt faiblard, avec un petit côté "l'auteur s'est bien acharné sur son personnage pour que le lecteur soit content de le voir s'en tirer à la fin, youpi, tout peut s'arranger dans la vie." Mouaif.

La lecture ne fut pas désagréable, avec même quelques véritables bons moments, mais j'ai tendance à voir là l'un de ces innombrables romans qui jouent la carte de l'invraisemblable et du décalé pour paraître originaux, mais qui manquent de démesure, de folie, de poésie, de hargne, de puissance, de subversion, de véritable originalité en somme, pour se démarquer. L'écriture (telle qu'elle est traduite en tout cas) n'a rien de très intéressant, les ficelles sont grosses, trop visibles, la réflexion ne pousse jamais bien loin et j'ai le sentiment d'avoir déjà lu la même chose, souvent en bien meilleur, sous la plume d'autres auteurs américains.

Vacances danoises (1) : Elseneur

- Il faudra que tu viennes me voir ! Me dit mon amie Audrey, un jour déjà lointain, avant de partir faire son postdoctorat dans un labo de Copenhague.
- Avec grand plaisir ! Lui avais-je évidemment répondu avant de laisser filer le temps, un brin velléitaire malgré mon enthousiasme.
Ce n'est qu'en août 2015 que je me décidai enfin à aller la rejoindre, en première partie de mes vacances estivales, pour cinq belles journées de découverte à Copenhague même et en plusieurs points de l'île de Seeland. Cinq journées si belles que j'y suis retournée cette année au printemps - mais chaque chose en son temps, voici déjà le journal de cette première fois !

Samedi 1er août (je suis arrivée la veille en fin d'après-midi), nous prenons le train pour Elseneur.  Au nord-est de l'île, pointant vers la Suède toute proche de l'autre côté du détroit de l'Øresund, une jolie petite ville en bord de mer - célèbre surtout pour le château de Kronborg où Shakespeare situa la tragédie d'Hamlet.
Alors, théâtral à souhait, Elseneur ? Assez, si on regarde du côté du château, quoique globalement plutôt paisible... et évidemment assez touristique. Un coin très joli, en tout cas, à ne pas manquer si vous passez dans la région !
Jonas Hassen Khemiri - J'appelle mes frères (2012 / Actes Sud, 2014)
(126 pages, soit 50 x 2 = 100 km de plus pour le challenge Tour du Monde. Pays : Suède. Total : 6600 km, 26 006 pages et 18 pays pour 69 livres)

J'appelle mes frère et je dis : Il vient de se passer un truc complètement fou. Vous avez entendu ? Un homme. Une voiture. Deux explosions. En plein centre.
J'appelle mes frères et je dis : Non, personne n'a été arrêté. Personne n'est suspecté. Pas encore. Mais ça va commencer. Préparez-vous.


Tout commence en boite de nuit. Un jeune homme danse, insouciant, un peu ivre, son téléphone sonne, sonne, sonne, mais il ne répond pas. C'est son vieux pote Shavi qui tente de le joindre, l'inséparable copain d'enfance devenu passablement lourd depuis que, jeune marié, il est devenu le prosélyte intarissable de la Merveille des Merveilles : son bébé nouveau né. Combien de célibataires trentenaires, aux quatre coins du monde, ne s'identifieraient pas à cela ? Et puis la nouvelle tombe : Un homme. Une voiture. Deux explosions. En plein centre. 
Pour ce suédois issu de l'émigration maghrébine, depuis toujours confronté à un racisme latent, plus ou moins franchement affirmé, le choc de la violence et de ses implications possibles ravive les vieux démons du sentiment d'exclusion. Jusqu'à l'obsession quasi paranoïaque, jusqu'à douter lui-même de sa propre innocence.

Inspiré par l'attentat de Stockholm de 2010, J'appelle mes frères est aujourd'hui plus que jamais d'actualité mais les thèmes qu'il aborde, au fond, dépassent de très loin les événements auxquels il fait immédiatement écho. Entièrement constitué de dialogues (essentiellement téléphoniques) et de monologues, c'est un texte bref, original, percutant, et en même temps très fin, qui parvient à mettre en relief les ravages du racisme "ordinaire" sur un esprit fragile sans jamais tomber dans le manichéisme ou la facilité. Un texte qui soulève beaucoup de questions, des questions complexes auxquelles il ne cherche pas à donner de réponses définitives, incitant plutôt le lecteur à s'interroger, débattre, discuter...
Comme pour d'autres oeuvres de l'auteur, une adaptation théâtrale a été réalisée du roman, qui se jouait encore en France en début d'année et que je serais très curieuse de voir.

Kafka sur le rivage - Haruki Murakami

Haruki Murakami - Kafka sur le rivage (2003 / Belfond, 2006)
(638 pages, soit 100 x 2 = 200 km de plus pour le challenge Tour du Monde. Pays : Japon. Total : 6500 km, 25 880 pages et toujours 17 pays pour 68 livres)

A quinze ans, Kafka Tamura entasse quelques affaires soigneusement choisies dans un sac à dos et abandonne le domicile paternel. Sa fugue n'a rien d'un coup de tête adolescent, c'est une décision prise de longue date, depuis la prédiction oedipienne lancée bien des années auparavant par son père, comme une malédiction.
Quel héros, pourtant, a jamais su échapper à son destin ? De rencontre en rencontre, l'adolescent découvrira l'étendue immense des pouvoirs du subconscient, la fragilité extrême des frontières entre le rêve et le réel. Pendant ce temps, un vieil homme entreprend un voyage vers le sud-est, pour des raisons obscures auxquelles il ne saurait se soustraire...

Conte métaphorique, roman d'apprentissage, Kafka sur le rivage est un beau roman plein de mystère et de symboles, nourri d'une imagination fertile qui mélange joliment les cultures, mais aussi d'un zeste d'humour absurde délicieusement décalé qui n'est pas sans rappeler certains films de Kitano, voire même certaines scènes de manga. De ces romans dont on aimerait discuter au fil de la lecture afin de confronter les interprétations - à une hésitation près : n'est-il pas plus au fond plus envoûtant de se laisser porter par les méandres tortueux de cet imaginaire, de ne pas immédiatement tout chercher à comprendre, à déchiffrer ?
Totalement emportée par la majeure partie du livre, j'ai toutefois quelque peu décroché vers la fin. Un brin de lassitude, des conditions de lecture un peu moins favorables, un certain manque d'empathie pour la relation entre Kakfa et Mlle Saeki, pourtant cruciale dans le dénouement de l'histoire, une vague déception, même, devant ledit dénouement, un peu banal à mon goût... Je n'étais pas fâchée d'en finir pour passer à autre chose, ce qui m'arrive assez rarement avec un livre capable, par ailleurs, d'autant me captiver. Si je ne rejoins pas l'enthousiasme de certains, ce fut une lecture plaisante et riche dont je comprends fort bien, pour l'avoir en grande partie éprouvé, le pouvoir de fascination. Tout comme, d'ailleurs, le potentiel répulsif, car il doit être assez facile de passer totalement à côté et de s'emmerder royalement sur 600 pages !
Juillet dernier, balade en Bourgogne avant de rejoindre la Franche-Comté.

Escale déjeuner à Noyers, un joli petit village posé dans une boucle du Serein, puis visite du château de Bussy-Rabutin, demeure de campagne et d'exil du brillant cousin de madame de Sévigné.

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